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Le livre de Khaled by Amine Rihani at the World Trade Center Site

كتاب خالد بقلم أمين الريحاني في موقع مركز التجارة العالمي

L'Orient-Le Jour لوريان لو جور · date not stated

Par Irène MOSALLI

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Print clipping, pages 88-89 of the scanned clippings PDF

«Le livre de Khaled» rédigé par Amine Rihani à l’emplacement du World Trade Center

Un aspect du quartier new-yorkais « Little Syria » où a vécu Amine Rihani. Centenaire

Célébration en grande pompe à la Librairie du Congrès US du centenaire de la parution d’un ouvrage qui avait fait date en Orient comme en Occident : « Le livre de Khaled » par Amine Rihani. Ce livre, le premier écrit en anglais par un Arabe, évoque, à travers le destin de deux jeunes garçons originaires de Baalbeck, l’histoire de ceux qui ont émigré du Moyen-Orient vers le Nouveau Monde, au tournant du siècle dernier. Il a été la clef de voûte de la traditionnelle littérature arabo-américaine. Cet écrit vient de faire l’objet d’un symposium organisé par l’Institut Amine Rihani en collaboration avec la Librairie du Congrès américain. Une douzaine des plus grands spécialistes dans ce domaine y ont pris part: notamment Souheil Bushroui, Nathan Funk, Hani Bawardi, Clovis Maksoud, Mary Ann DiNapoli, Geoffrey Nash et Saad Abazei.

Comme on le sait, cet écrivain libanais de renom et originaire de Freiké (1876- 1940) avait dédié sa vie à répandre la culture arabe en Amérique et à informer les Arabes et leurs leaders sur l’énorme potentialité des relations arabo-américaines. Le coup d’envoi du symposium a été donné par les interventions du directeur de la Librairie du Congrès, James Billington, l’ambassadeur du Liban à Washington, Antoine Chédid, la responsable de la Division Afrique et Moyen-Orient de la librairie, Mary-Jane Deeb, et le directeur du «Project Khaled», Todd Fine.

À l’origine de la commémoration du centenaire du Livre de Khaled, un jeune chercheur américain nommé Todd Fine, qui a longtemps collaboré avec Samuel Huntington (auteur du Choc des civilisations). Un jour qu’il effectuait pour ce dernier un travail de documentation à la Librairie de New York, à la suite du 11 septembre 2001, il tombe sur Le livre de Khaled. Il voit dans Amine Rihani le symbole même de la tolérance et de l’ouverture aux autres, et aussi une projection dans le futur, applicable dans ces temps de tiraillement prévalant de par le monde. Il cherche à se procurer l’ouvrage, mais en vain. Il n’existe dans aucune librairie américaine. On ne le trouve que dans certaines bibliothèques universitaires. Il décide de le mettre en ligne et contacte les légataires de la production d’Amine Rihani: ses neveux, Ramzi, Sarmad et Amine Rihani, et sa nièce, May Rihani. Ensemble, ils mettent au point le «Project Khaled» pour propager à nouveau ce titre et célébrer dans plusieurs pays son centenaire. Aujourd’hui, on peut retrouver Le livre de Khaled sur le site Internet www.gutenberg.org

Par ailleurs, pour compléter sa connaissance d’Amine Rihani, Todd Fine a aussi exploré l’environnement new-yorkais dans lequel a vécu l’écrivain libanais et qui se situe à l’emplacement même où s’élevait le World Trade Center. Au début du siècle dernier, ce lieu avait pour nom «Little Syria», car s’y étaient établis les émigrés venus du Liban, de Syrie, de Grèce, de Turquie et de l’Arménie. Puis, ils ont été suivis par plusieurs colonies slaves. Et tout ce monde avait appris à vivre ensemble et à réaliser ses aspirations pour une vie meilleure. Ce quartier a d’abord été détruit en 1940 pour le percement d’un tunnel, puis en 1960 pour la construction du World Trade Center. Néanmoins, actuellement, une association nommée The Friends of Side s’est dédiée à la préservation de la mémoire de ce vibrant voisinage multi-ethnique par des tours, des conférences et des publications. Reste trois vestiges (ayant besoin d’être restaurés), témoins de la convivialité qui régnait en ces temps: l’église melkite Saint-Georges, la Maison communautaire et un immeuble qui était occupé par des résidents de différentes religions et de différents backgrounds sociaux. Un melting-pot harmonieux qui reflète l’une des idées force du grand écrivain libanais, «jeter les ponts entre l’Est et l’Ouest», dont il avait fait son combat.

Récemment, on pouvait lire dans le New York Times, sous la plume de David Dunlap: «J’encourage ceux qui vivent à New York à considérer le centième anniversaire de l’histoire de “Little Syria”, comme prise de conscience de cette communauté et de sa culturelle icône qu’est Rihani.»

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